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Marcia Mestre, Fondatrice du centre Owlavé

Marcia Mestre, Fondatrice du centre Owlavé

Publié par admin | Jeu 31 Oct 2013, 14:11

Elle est une brésilienne qui ne jure et ne vit que par et pour  le sport. Mais pas qu’au Football, comme l’on pourrait s’y tromper. En effet, des disciplines telles le volley-ball, l’athlétisme, ou le football qu’elle a pratiqué comme professionnelle et encadreuse nationale, n’ont aucun secret pour elle, car elle les a pratiqué à un très bon niveau, puis encadré, en qualité de formatrice.

Aujourd’hui, Marcia Mestré est experte en Capoeira, un art martial brésilien pour lequel, elle se consacre pleinement désormais, au sein de « Owlavé » qui signifie en Abouré «  Etoile », le centre qu’elle a créé à Abidjan. Rencontre avec une grande dame.

Bonjour Marcia Mestre. Pouvez-vous présenter le Centre de Capoeira « Owlavé » ?

Mon nom est Marcia Mestré. Je suis la fondatrice de cette Ecole, créé en 2002. 

Lorsque nous avons ouvert ce Centre, nous avions décidé d’organisé une cérémonie de passation de cordes (ceinture) en mars de la même année, pour évaluer le niveau de nos  recrues et profiter pour engager des instructeurs. Le jour de la passation des cordes, les balles ont commencé à crépiter au niveau du pont De Gaulle. Une situation qui empêchait les participants  des quartier sud d’Abidjan de franchir le pont pour  venir vers la zone nord, aux Deux- Plateaux où nous sommes. La passation de cordes a donc été annulée et tous les élèves sont rentrés chez eux. Bref, depuis, nous avions vécu cette situation à plusieurs reprises pendant la crise qu’à traversé la Côte d’Ivoire. Mais nous sommes toujours restés  dans ce pays, à la différence de tous ceux qui en sont partis. Nous nous sommes attelés  à relancer à chaque fois les activités de notre Centre. 

Comment avez-vous réussi à  imposer et développer ce Centre ?

Grâce au « bouche à oreille » (rire) et sûrement à la qualité de nos services, qui a fidélisé nos pratiquants et attiré de nouveaux. Comme vous l’imaginez, débuter, surtout en temps de crise est très difficile. Nous avons beaucoup ramé, puis au bout, nos efforts ont commencé à payer. Aujourd’hui, outre le centre de la Capoeira, nous développons d’autres disciplines sportives telles que le football, volley-ball, la danse, les jeux d’échec etc.

Quelles sont les autres activités du Centre ?

Bien sûr que je n’ai pas oublié la garderie qui fait notre fierté. Ici les enfants sont bien gardés et leurs parents  nous font confiance. Ils laissent leurs enfants ici et vaquent à leurs occupations. 

A leur retour, ils passent  chercher  les gamins et rentrent avec eux en toute tranquillité. Juste à côté de notre centre, il y a l’atelier du du grand peintre Cyprien Kablan. Avec lui, nos élèves ont toute la latitude de s’initier à l’art pictural.  Voici donc présenté le Centre « Owlavé  », dans toutes sa dimension.

Il se trouve que vous êtes l’épouse de l’artiste peintre ivoirien Cyprien Kablan. Vous êtes donc ivoirienne de cœur.

(Elle éclate de rires) C’est vrai. Cyprien Kablan est mon époux. Nous nous sommes rencontrés  à San Paolo au Brésil. Cela fait vingt-cinq (25) ans que nous sommes mariés et ça fait dix ans maintenant que nous avons ouvert ce Centre de la Capoeira à Abidjan. Au Brésil, j’étais Responsable d’un Centre de réinsertion sociale des enfants démunis. Et c’est à cette époque que nous nous sommes rencontrés. Je crois qu’il  avait un projet similaire sur lequel, il travaillait. Alors nos ambitions communes nous ont rapprochés davantage et voilà.

Avec quels moyens comptez-vous exécuter ce programme ?

Nous n’avons pas d’appuis  financiers extérieurs. Nous comptons sur nous-mêmes et les inscriptions au Centre. Mais nous savons aussi qu’il y a beaucoup de personnes qui aiment la Capoeira et qui aimeraient la pratiquer. Mais malheureusement, tout le monde n’a pas les moyens de venir s’entraîner chaque jour aux Deux-Plateaux. Alors, nous avons décidé  d’aller vers la population pour leur présenter les bienfaits de ce sport. Pour cela, le Centre forme activement des instructeurs qui pourront à terme, dispenser des cours  en dehors du Centre, dans les autres communes d’Abidjan et à travers tout le pays, pourquoi pas avec l’aides des collectivités locales (Mairies, Conseils régionaux). Car il faut dire que la Capoera est une occupation très saine pour le corp et l’esprit, et de ce faite, a d’énormes bienfaits pour la jeunesse. 

 

Justement, quels sont les bienfaits de la Capoeira sur un  adepte de cette discipline ?

La Capoeira est avant tout, un art martial associé à la culture de ses précurseurs.  Elle provient des méthodes  de défense des anciens esclaves, raison pour laquelle elle est toujours associée  à sa culture. La Capoeira est un sport qui renforce les capacités de résistance de celui qui le pratique. C’est par excellence, un sport qui impose une certaine  discipline qui permet d’évacuer la violence en soi  et de canaliser ses pulsions. C’est pourquoi, il est recommandé aux enfants en proie au grand banditisme et ceux des milieux défavorisés.  C’est sport d’élévation  qui favorise  la persévérance et le dépassement de soi. Aujourd’hui, nous avons près de quatre-vingt-dix (90) adeptes pratiquant ce sport de façon régulière au Centre de la capoeira aux Deux-Plateaux. 

Avez-vous déjà fait  cette expérience ?

Oui. En ce moment, chaque vendredi, je donne des cours de la Capoeira  à Port-Bouet, Derrière Wharf…dans un Centre de réinsertion sociale où des filles que nous avons formé dispensent des cours sur place. Nous recherchons des salles dans les autres communes. 

Quelles sont les similitudes entre la culture Brésilienne et ivoirienne?

Quand nous sommes ici, c’est comme un retour aux sources. Car même sur le plan sportif, la Capoeira est un héritage culturel des esclaves africains à nous laisser par ces ancêtres.

Quand tu vas à Bahia au Brésil,  tu as l’impression d’être en Afrique, tellement, les populations se ressemblent. Le constat est le même, s’agissant de la danse. Le Coupé décalé qui est la danse des DJ  et la Samba du Brésil déploient la même énergie artistique. Les similitudes se remarquent tant au niveau des sonorités que de la chorégraphie. Même au niveau des traditions populaires avec les acrobaties qu’exécutent les masques Boloye à Korhogo sont étrangement semblables à celles de certaines danses brésiliennes.

En tant que Directrice et Fondatrice, quelles sont les autres ambitions que vous comptez réaliser pour votre Centre ?

En Février 2014, nous allons organiser un tournoi international avec les capoeiristes de la France, Brésil, USA pour un grand passage de grades. Il y aura des pratiquants de Côte d’Ivoire et de  la sous-région  africaine qui seront de la partie. Ce sera un grand moment de célébration de la Capoeira en Côte d’Ivoire par le truchement de l’Ecole de la Capoeira Owlavé.

 

Arnaud Rodrigue Lago, instructeur ivoirien

La relève de la Capoeira, en Côte d’Ivoire, formée au Centre Owlavé

Arnaud Rodrigue  Lago est instructeur dans le Centre de Capoeira Owlavé. Depuis quelques années, il dispense des cours de cet Capoeira aux dans les écoles et aux particuliers. Son parcours ressemble à celui de milliers de jeunes ivoiriens déscolarisés. En 2003, en pleine crise, ses parents n’ayant plus les moyens pour lui payer des études, il dû les arrêter. C’est alors qu’il apprend par l’un de ses amis  qu’une école d’art martial cherche  cherche à former un instructeur pour encadrer ses élèves. Sportif, cette annonce l’a intéressé, il s’y est présenté et a été retenu. Doté d’une incroyable faculté d’assimilation doublé d’une motivation inébranlable, il a apprend très vite et devient rapidement instructeur. 

Aujourd’hui, il vit de ce noble et sain métier, en donnant des cours au Centre, tous les matins du lundi. Le lundi après-midi, il donne des cours dans une école française à Marcory. Les autres après-midis de la semaine  Arnaud s’entraine pour améliorer son art paralèllement, il dispense des cours aux adultes au Centre.

Il dit se trouver très bien aussi bien socialement que culturellement, dans la  pratique de la Capoeira parce que c’est est un sport de contact qui va de pair avec sa culture. 

Arnaud à désormais un ultime rêve : aller continuer sa formation au Brésil et revenir participer avec le Centre Owlavé, à la vulgarisation de la Capoera dans son pays.

 

 

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