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Réhabilitons la route des esclaves

Réhabilitons la route des esclaves

Publié par admin | Lun 14 Oct 2013, 15:55

Vincent Aboya Coffi est le doyen des professionnels du tourisme ivoirien. Promoteur hôtelier, il est le Directeur de l’Hôtel le Baron de Port-Bouet sur l’axe Abidjan-Bassam. Son parcours et son expérience dans ce secteur lui valent depuis lors, la reconnaissance de ses pairs qui l’ont positionné à la tête de la Fédération Nationale de l’Industrie Hôtelière de Côte d’Ivoire (FNIH-CI). A travers cet entretien, il dresse à travers quelques chapitres, les difficultés du tourisme ivoirien.

 Depuis quand existe la Fédération des industriels de l’Hôtellerie et du Tourisme ?

Notre Fédération existe depuis 1956. A cette époque l’on ne parlait que de Syndicat des hôteliers, restaurateurs, tenanciers de night clubs, cabarets etc. Aussi, les maquis n’existaient pas. C’est quand les nationaux se sont positionnés à la direction de cette industrie, que tous les ivoiriens exerçant dans ce domaine ont décidé de changer le nom de Syndicat au profit d’une Fédération qui prendrait en compte, l’hôtellerie indépendante, la restauration collective et classique, les gérants de maquis. Et nous avons décidé aussi qu’à ce dernier maillon, s’ajoute les propriétaires de night-clubs, cabarets et bars.

Votre Fédération est-elle représentée sur l’ensemble du territoire ivoirien ?

Bien sûr ! Nous sommes représentés à travers dix-neuf (19) sections régionales et départementales de notre pays. Et d’autres sections peuvent voir le jour, si cela s’avère nécessaire. Mais la Fédération demeure le couloir de transmission entre le gouvernement et toutes les différentes associations professionnelles de ce secteur. Cela veut dire que toutes les situations relatives à notre industrie sont gérées par la Fédération nationale.

Avez-vous des attaches sur le plan international ?

Tout à fait. Au plan international, nous sommes également, membres fondateurs de la grande Confédération de l’industrie hôtelière de l’espace UEMOA. Notre pays, la Côte d’Ivoire assure la Vice-présidence en charge du développement des infrastructures nationales et internationales. Tandis que le Sénégal occupe la présidence de cette Confédération.

 
 
 

Comment arrivez-vous à tenir le coup, vu que ce secteur est perçu comme sinistré depuis longtemps ?

Ce secteur est vu comme tel, car nous n’avons aucune  source de financement pour pouvoir émerger de  nos difficultés quotidiennes. Nous ne bénéficions d’aucune facilité d’accès au financement. Nous pouvons affirmer que cela est presqu’inexistant comme solution ou alternative. Et personne n’a, non plus reçu de financement à aucune de nos rencontres d’experts de la CEDEAO ou de l’UE. C’est à dire que les structures bancaires restent fermées encore dans leur majorité aux requête des industriels de l’hôtellerie.

 

 

 

 Même si les projets sont viables ?

En général,  c’est un refus cinglant car le domaine du tourisme est qualifié de sinistré. Maintenant si le projet est viable comme vous le dites, votre partenaire vous finance à moitié pour ne pas regretter plus tard d’avoir injecté tout son argent dans votre projet. A défaut, c’est une série de garanties que la banque exige de vous, au point de ne plus vous en sortir. De façon générale, les industriels de l’hôtellerie que nous sommes, dans leur grand ensemble, souffrent du manque d’une véritable politique de financement et de développement dans le secteur touristique.

A vous entendre parler, pouvons-nous dire que les perspectives de développement du secteur  pointent rarement à l’horizon ?   

Vous savez, quand nous voyageons en Afrique et que nous comparons leurs atouts touristiques aux nôtres,  la Côte d’Ivoire n’a rien à envier à nombre de pays africains. Mais en termes de politiques touristiques, ils sont loin devant nous par rapport aux taux de visites touristiques qu’ils atteignent chaque année.

 
 

Avec la relance des activités économiques de notre pays, quels sont les projets déjà ébauchés pour la relance de notre tourisme ?

Nous avions déjà travaillé sur des dossiers qui  peuvent aider véritablement les acteurs du tourisme Ivoirien. Le premier porte sur le recensement général des sites touristiques, parcs animaliers y compris, hôtels, night-clubs, bars,  cabarets et autres maquis pour établir des sous-produits tels que les passeports touristiques et un fond de développement du tourisme dont le compte est déjà ouvert dans une banque partenaire de la place. Ensuite, avec l’appui de l’Union Européenne par exemple, nous allons entreprendre une chaîne d’hôtellerie indépendante dans notre pays et qui sera des filiales de ces chaînes internationales dotées des mêmes  qualités de services.

 
 

Avez-vous déjà entendu parler de la route des esclaves qui traverserait notre pays ?

Bien sûr ! Je crois qu’un projet du genre permet au Ghana d’atteindre le million de touristes par an. Cette route des esclaves concerne les populations noires issues de la lignée des esclaves déportés aux temps jadis. Aujourd’hui, cette génération de Noirs métissés ou non, se rendent massivement en Afrique à la recherche de leurs origines en suivant un certain itinéraire: la route des esclaves. C’est ainsi que des vedettes de la musique, cinéma, sport des deux Amériques, Jamaïque, Angleterre ont retrouvé leurs racines au Ghana, Sierra-Léone, Guinée, Cameroun, Nigéria, Ethiopie etc. Ce retour sur la terre natale a été possible grâce à des études scientifiques portées sur la similitude de l’ADN et des gênes de nos ancêtres que nous portons naturellement en nous. 

Pour réhabiliter la route des esclaves en Côte d’Ivoire, nous nous sommes rendus à Grand-Lahou où il existe encore des traces et vestiges de cette route des esclaves. Nous avons retrouvé également des arbres ayant servi à attacher des esclaves. C’est pour vous dire que nous avons connaissance de cette route et que nous allons l’exploiter. 

Tepson Dro

 

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